L'Hirondelle rustique

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Hirondelle rustique

 

 

 

L'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) est une petite espèce de passereaux, migratrice, vivant en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. Elle est également connue sous le nom d'Hirondelle de cheminée ou d'Hirondelle des granges. Elle se distingue par sa longue queue fourchue et sa gorge couleur rouge brique. Elle niche dans un nid fait de terre séchée et de salive pour coller les bouts de terre, accroché sous un toit, une poutre, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur, en ville ou à la campagne, souvent dans des granges ouvertes, et parfois dans les maisons ouvertes. Elle se nourrit essentiellement d'insectes attrapés en vol.

Il existe six sous-espèces d'Hirondelle rustique, se reproduisant toutes dans l'hémisphère nord. Quatre d'entre elles sont migratrices, et hivernent dans l'hémisphère sud, dans des régions parfois très éloignées comme l'Argentine, la province du Cap en Afrique du Sud ou le nord de l'Australie. Du fait de sa large distribution géographique, l'Hirondelle rustique n'est pas menacée.

L'Hirondelle rustique est un oiseau qui aime les paysages ouverts et qui utilise généralement les constructions humaines pour confectionner son nid. Commensale, elle s'est vraisemblablement beaucoup développée avec l'expansion humaine. Cette espèce vit en association avec l'homme qui la tolère dans les bâtiments car il la considère utile puisqu'elle se nourrit d'insectes perçus comme nuisibles. D'anciennes superstitions concernant cet oiseau et son nid ont également contribué à la faire accepter. La littérature et la religion font souvent référence à l'Hirondelle rustique et cet oiseau qui vit près de l'homme le fascine par ses habitudes migratoires. L'Hirondelle rustique est l'oiseau national de l'Estonie.Hirondelle rustique33site

L'Hirondelle rustique mâle adulte, appartenant à la sous-espèce H. r. rustica, mesure 17 à 19 cm de long, dont 2 à 7 cm pour les longues plumes de la queue. Elle a une envergure de 32 à 34,5 cm, pour un poids de 16 à 22 grammes. La silhouette fine et élancée de cette hirondelle la rend aisément reconnaissable. On remarque sa queue largement échancrée, très effilée aux deux extrémités et ornée d'une petite rangée de taches blanches visibles en vol. Les deux rectrices situées sur les bords de la queue et nettement plus longues que les autres sont appelées filets. Le dessus, de la tête à la queue, est bleu sombre et présente un éclat métallique certain. La gorge, les joues et le pourtour du bec sont rouge brique, soulignés par une bande pectorale bleu sombre, et le dessous de l'oiseau est blanc crème avec des reflets roux. La calotte et la nuque sont bleu-noir, le tour des yeux est noir, tout comme les yeux, les courtes pattes, les doigts et le bec. Ce dernier est fin et court. À la différence des autres hirundinidés, son croupion n'est pas marqué de blanc.

La femelle est semblable au mâle, mais ses filets sont plus courts, le bleu du dessus et de la poitrine est moins glacé, et le dessous est plus pâle. Les jeunes sont plus ternes, avec une tête d'un roux plus pâle et un dessous plus blanc. Il leur manque également les longues plumes caudales de l'adulte.

Grâce à sa tête rousse et sa bande bleue sur la poitrine, l'Hirondelle rustique adulte est facile à distinguer des espèces d'Hirundo africaines et de l'Hirondelle messagère (Hirundo neoxena) qui partage une partie de son aire de répartition en Australie. En Afrique, les plumes courtes de la queue des jeunes peuvent amener à les confondre avec l'Hirondelle de Guinée (Hirundo lucida), mais cette dernière a une bande plus fine à la poitrine et la queue plus blanche7. En Europe, on peut facilement la distinguer de l'Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) car celle-ci possède une bande blanche au niveau du croupion, et la queue de l'adulte n'a pas les longues pointes de rustica. En Europe et en Asie, l'Hirondelle rousseline (Cecropis daurica) a une allure proche, mais diffère par son plumage coloré et son croupion blanc ou roux selon l'âge.

Le chant de l'Hirondelle rustique est un gazouillement grasseyant mais néanmoins mélodieux, qui se termine souvent par un grincement. Les cris comprennent des witt ou des tsvitt souvent répétés et un bruyant splee-plink quand elle est excitée. Le cri d'alarme est constitué d'un tranchant siflitt pour des prédateurs comme les chats, et d'une répétition de tsivitt rapidement enchaînés pour les oiseaux de proie.

Hirondelle rustique35siteL'Hirondelle rustique a un comportement similaire à celui des autres insectivores aériens, comme notamment les autres hirondelles et les apodidés (martinets). Elle se nourrit généralement à 7 ou 8 mètres au-dessus du sol ou d'une eau peu profonde, suivant souvent les animaux, les hommes ou les machines agricoles pour attraper des insectes perturbés. Il lui arrive également d'attraper des proies juste à la surface de l'eau, sur des murs ou sur des plantes. Dans les zones de reproduction, les grosses mouches représentent 70 % de son régime alimentaire, dans lequel les pucerons et les papillons de jour et de nuit tiennent également une place importante. Toutefois, en Europe, l'Hirondelle rustique consomme moins de pucerons que l'Hirondelle de fenêtre ou l'Hirondelle de rivage. Pendant l'hiver, les hyménoptères, et spécialement les fourmis volantes, sont une ressource alimentaire importante. Quand elle couve ses œufs, l'Hirondelle rustique chasse par deux, mais peut parfois former de grands groupes.

L'Hirondelle rustique s'abreuve au vol, recueillant l'eau dans sa bouche ouverte en volant à ras de l'eau. L'oiseau se baigne de la même façon, plongeant un instant dans l'eau et reprenant son vol aussitôt.

Lorsque la saison de reproduction est terminée, les hirondelles se rassemblent en bandes de taille variable, comprenant parfois des centaines d'individus. Elles passent ainsi la nuit dans des roselières, volant au-dessus pendant un moment avant de descendre dans les roseaux. Les roselières constituent une importante source de nourriture pour les hirondelles avant et pendant la migration. En effet, bien que l'Hirondelle rustique puisse se nourrir au vol durant le voyage, les roselières lui permettent de constituer des réserves de graisses indispensables pour le voyage qu'elle doit faire.

Elle ne vole pas particulièrement vite, avec une vitesse estimée à 39 km/h, pouvant atteindre 72 km/h, et une fréquence de cinq battements d'ailes par seconde, pouvant atteindre sept à neuf battements par seconde, mais sa queue fourchue lui confère l'agilité nécessaire pour se nourrir d'insectes au vol. Elle collecte sa nourriture en décrivant des cercles ou en volant très près du sol. Son vol gracieux est ponctué de virevoltes. En chasse, elle peut atteindre les 100 km/h.

Les mâles rejoignent l'aire de reproduction avant les femelles, choisissent le site de nidification, et cherchent à y attirer une compagne en décrivant des cercles dans le ciel et en chantant. Le mâle séduit la femelle par la longueur de ses filets. En termes de biologie de l'évolution cela s'explique par le fait que les mâles qui ont les plus longs filets sont généralement plus résistants aux maladies et vivent plus longtemps, et les femelles ont donc un intérêt indirect dans ce choix : les mâles vont certainement transmettre leur plus grande résistance à leur progéniture. On observe d'ailleurs qu'en Europe du Nord les mâles ont des filets très longs alors qu'il y a peu de différences entre ceux du mâle et de la femelle plus au sud. Cette différence est par exemple de 5 % en Espagne quand elle atteint 20 % en Finlande. Au Danemark, la longueur moyenne de la queue du mâle a augmenté de 9 % entre 1984 et 2004, mais cette évolution pourrait changer avec le réchauffement climatique si les étés deviennent chauds et secs.

L'Hirondelle rustique niche généralement dans des bâtiments accessibles comme les granges, les étables, ou sous les ponts. Le nid en forme de demi-coupe, qui a un diamètre de 22 cm Hirondelle7pour 11 cm de profondeur, est adossé à une solive ou à un quelconque autre élément vertical. Avant que les constructions humaines ne deviennent très courantes, l'Hirondelle rustique nichait sur la paroi de rochers ou dans des grottes, mais cela devient rare. Le nid est bâti par le mâle et la femelle, plus souvent par la femelle seule, avec des morceaux de boue qu'elle malaxe pour former de petites boules, et consolidés avec des herbes, de la paille, des algues ou d'autres matériaux. Si les conditions sont favorables, la construction du nid dure environ huit jours. L'analyse d'un nid a révélé qu'il contenait 212 g de terre séchée liée par pas moins de 2 224 radicelles et quelques brins d'herbe. 1 100 voyages ont été effectués pour le bâtir. Une fois le nid terminé, il est garni de plumes et de duvet, les hirondelles récupérant souvent des plumes de poule, afin de lui donner un aspect plus douillet. Il arrive que les moineaux essaient de s'approprier le nid des hirondelles, en les chassant ou en s'y installant avant leur arrivée. L'Hirondelle rustique peut parfois nicher en colonies si suffisamment de sites de nidification sont à disposition, et au sein d'une colonie le couple défend un territoire qui s'étend à 4 à 8 m2 chez la sous-espèce européenne. La taille des colonies est plus importante en Amérique du Nord. L'homme fournit parfois à ces oiseaux et aux espèces apparentées des nids artificiels, en forme de demi-bol et en ciment coulé, solidement fixés sur une poutre intérieure de la toiture d'une grange, d'une étable, d'un porche, etc.

La femelle pond entre deux et sept, mais généralement quatre ou cinq, œufs blancs à petits points roux et gris. Les œufs mesurent entre 20 et 14 mm, pour un poids de 1,9 g, dont 5 % de coquille. En Europe, la femelle effectue presque toute la couvaison, mais en Amérique du Nord le mâle peut couver pendant 25 % du temps. L'incubation dure entre 14 et 19 jours, au cours desquels la femelle maintient constante la température des œufs, en évitant qu'ils se refroidissent mais également parfois qu'ils se réchauffent, lorsque le nid est placé sous des tôles très exposées par exemple. Des femelles ont ainsi été observées s'humidifiant le ventre pour rafraîchir leurs œufs. Après l'éclosion, il faut encore 18 à 23 jours pour que les oisillons quittent le nid. Pendant ce temps, ils sont nourris par leurs parents qui leur apportent régulièrement des insectes, qu'ils agglutinent dans leur bec quand ils chassent. Ils peuvent apporter ainsi une vingtaine d'insectes à la fois, et répètent leurs allées et venues jusqu'à 400 fois par jour. Les jeunes hirondelles atteignent leur poids maximum vers le treizième jour, et pèsent alors environ 22 g. Ce poids se réduira un peu par la suite lorsqu'elles formeront leurs plumes. À partir du quinzième jour, les oisillons n'ont plus besoin de leurs parents pour maintenir leur température constante, et ceux-ci ne les abritent plus que pendant la nuit. Après 18 à 23 jours passés au nid les oisillons vont pouvoir le quitter. Pour les y inciter, leurs parents cessent de les nourrir, puis leur tendent des insectes et lorsque les jeunes se sont suffisamment approchés du bord, lancent des cris d'alerte qui les font chavirer dans le vide. Là, battant leurs ailes par réflexe, les jeunes prennent alors leur premier envol. Les jeunes hirondelles qui commencent à quitter le nid vivent avec leurs parents, qui continuent à les nourrir pendant environ une semaine. Occasionnellement, les jeunes de la première couvée aident à nourrir ceux de la seconde. Au bout de 35 jours, les jeunes sont totalement indépendants.

Hirondelle rustique34siteIl y a en général deux couvées par an, voire trois, un même nid accueillant plusieurs couvées la même année, et étant réparé pour être réutilisé les années suivantes. 90 % des œufs éclosent, et 70 à 90 % des oisillons peuvent prendre leur envol. La mortalité moyenne la première année est de 70 à 80 %, et de 40 à 70 % pour un adulte. La mortalité des jeunes peut être aggravée par des conditions climatiques difficiles. En effet, s'il fait trop froid, les insectes se font rares, et dans ces conditions les parents n'arrivent pas toujours à subvenir aux besoins des oisillons, notamment après leur dixième jour. Bien que la longévité puisse atteindre onze ans, la plupart des hirondelles ne vivent pas au-delà de quatre ans.

L'hirondelle chasse les intrus tels que les chats qui s'approchent à proximité de son nid, volant très près d'eux pour les effrayer. Les adultes ont peu de prédateurs, même s'ils peuvent parfois être victimes de faucons ou de chouettes. Le moineau représente un de ses principaux concurrents, et il arrive que des moineaux s'emparent du nid d'hirondelles, et en expulsent les oisillons pour s'y installer. Les lérots, les chats et les fouines sont des prédateurs potentiels au cours de la couvée. Le parasitisme de couvée par le vacher en Amérique du Nord et le coucou en Europe est rare. En Amérique du Nord, l'Hirondelle rustique développe parfois une relation de mutualisme avec le balbuzard. Elle bâtit son nid à côté de celui du rapace et bénéficie ainsi de sa protection, cet oiseau se nourrissant exclusivement de poisson. Par ailleurs les balbuzards sont avertis de la présence de prédateurs par les cris d'alarme des hirondelles.

L'Hirondelle rustique, tout comme d'autres oiseaux, présente souvent des trous dans les plumes des ailes et de la queue. Ces trous sont liés à la présence de poux aviaires de la famille des Menoponidae, comme Machaerilaemus malleus ou Myrsidea rustica, bien que d'autres espèces soient incriminées comme celles du genre Brueelia. Il existe plusieurs espèces de poux dont la présence a été confirmée chez l'hirondelle, comme Brueelia domestica et Philopterus microsomaticus. Au Texas, Oeciacus vicarius, qui est commun chez les espèces telles que l'Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota), infeste également les Hirondelles rustiques.

Du fait des importants risques que comporte leur longue migration annuelle, la longévité des hirondelles est assez courte. Ainsi, elles ne vivent généralement que deux à quatre ans, rarement jusqu'à huit ans. Un individu aurait atteint l'âge de quinze ans, en Angleterre. Une autre aurait vécu quatorze ans et a été enregistrée en Alsace de manière un peu mieux documentée.

L'Hirondelle rustique préfère les zones ouvertes à végétation basse, comme les prairies, les bocages, les marais, les parcs et les jardins, notamment lorsqu'il y a une source d'eau à proximité, car elle s'abreuve en vol. Cette hirondelle évite les zones boisées, trop accidentées ou trop densément peuplées. C'est une espèce commensale de l'homme et la présence de constructions accessibles comme les granges ou les étables pour y bâtir son nid, et de perchoirs bien exposés comme des fils, des branches nues ou des arêtes de toits est également importante pour l'hirondelle lors de son choix d'un site de reproduction.

Elle se reproduit dans l'hémisphère nord, à une altitude variant entre le niveau de la mer et 2 700 m, voire 3 000 m dans le Caucase et en Amérique du Nord, où elle est absente uniquement des déserts et des territoires les plus septentrionaux. Elle évite généralement les villes, où elle cède sa place à l'Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum). Toutefois, à Honshū, l'Hirondelle rustique est un oiseau urbain tandis que l'Hirondelle rousseline (Cecropis daurica) est présente dans les campagnes.Hirondelle rustique36site

En hiver, l'Hirondelle rustique est moins difficile quant au choix de son habitat, évitant seulement les déserts et les forêts denses. Elle est commune dans les zones à végétation basse comme les savanes, et au Venezuela, en Afrique du Sud et à Trinité-et-Tobago, elle apprécie particulièrement les champs de canne à sucre récoltés ou brûlés. Chaque oiseau a tendance à revenir au même lieu d'hivernage d'une année sur l'autre, où peuvent se former des groupes importants. L'un d'entre eux, au Nigeria, a été estimé à 1,5 million d'oiseaux. On pense qu'il s'agit d'un moyen de lutte contre les prédateurs, et l'arrivée de ces communautés est liée à celle de son principal prédateur qu'est le Faucon de Cuvier (Falco cuvieri). L'Hirondelle rustique a été observée nichant dans certaines zones tempérées de ses régions d'hivernage comme les montagnes thaïlandaises ou celles du centre de l'Argentine.

La migration des hirondelles est longtemps restée méconnue. Ainsi, on a longtemps cru, comme le pensait Aristote au IIIe siècle av. J.-C., que cet oiseau passait l'hiver dans la vase. Cette croyance est en partie liée à l'habitude de cet oiseau de passer la nuit dans des roselières. Ce n'est que vers la fin du XVIIIe siècle que le naturaliste Buffon remet en cause cette théorie pour commencer à envisager que les hirondelles vont passer l'hiver plus au sud, là où le climat est plus clément.

La migration d'Hirondelles rustiques entre la Grande-Bretagne et l'Afrique du Sud a été établie le 23 décembre 1912, lorsqu'un oiseau bagué par James Masefield sur son nid est retrouvé au Natal. Cet oiseau effectuant de très longues migrations a été observé ponctuellement à Hawaii, aux Bermudes, au Groenland, à Tristan da Cunha et aux îles Malouines.

Les hirondelles se rassemblent en groupes pouvant parfois compter plusieurs milliers d'individus à l'automne avant de partir hiverner vers le sud. Durant leur migration, les hirondelles volent de jour à basse altitude, afin de se nourrir durant le voyage. De nombreuses hirondelles meurent de faim ou d'épuisement durant ce périple, dont la traversée du Sahara représente une des principales difficultés pour les hirondelles européennes.

L'Hirondelle rustique est présente partout en Europe, à l'exception de l'Islande. Les effectifs sont actuellement en régression un peu partout en Europe, à l'exception des pays d'Europe de l'Est. Ils sont également stables en Grande-Bretagne, alors qu'ils déclinent fortement aux Pays-Bas. Selon le European Bird Cencus Council, la population européenne est en déclin modéré et a baissé de près de 20 % entre 1980 et 2005, avec de très fortes variations selon les années, dont des pointes de population à presque + 20 % en 1989 et 19974.

Elle est la plus répandue des cinq espèces d'hirondelles nichant en France, et la onzième espèce d'oiseau la plus répandue du pays. On peut la rencontrer un peu partout dans le pays, à l'exception des zones d'altitude : elle s'aventure rarement au-dessus de 1 700 m. Présente en France du mois d'avril au mois de septembre, elle migre ensuite vers l'Afrique subsaharienne. Ses réserves en graisse lui procurent une autonomie de soixante heures de vol pour traverser, d'une traite, la Méditerranée ou le Sahara. Chaque année, quelques individus passent l'hiver en France, réussissant à survivre, si l'hiver est suffisamment clément.

Comme un peu partout en Europe, la population d'Hirondelles rustiques en France a connu un déclin estimé à entre 5 et 38 % entre 1989 et 2007 selon les sources. Les principales causes de ce déclin semblent être l'emploi de grandes quantités d'insecticides et de pesticides par l'agriculture intensive, mais aussi la raréfaction des zones d'habitat rural traditionnel, la destruction des nids en partie à cause de la menace de grippe aviaire, ou encore le réchauffement climatique qui rend la traversée du Sahara plus longue et dangereuse..

Le déclin de l'espèce depuis une vingtaine d'années va également de pair avec le déclin de l'agriculture en Europe occidentale : notamment, de nombreuses petites fermes et granges traditionnelles, munies d'orifices d'aération convenant à sa nidification, disparaissent ou sont transformées en habitations et garages hermétiques, là où l'urbanisation a pris le pas sur la ruralité. Le placement massif de nichoirs (nids artificiels) spécifiques à l'hirondelle rustique (voir plus haut) pourrait contribuer à réduire partiellement le déclin de l'espèce, d'autant plus qu'elle apprécie la nidification en colonie.

Hirondelle rustique37siteL'Hirondelle rustique a une immense aire de répartition, dont on estime la surface à dix millions de km2, et une population mondiale qui pourrait atteindre 190 millions d'individus. Bien qu'aucune estimation de la tendance actuelle n'ait réellement été faite, il ne semble pas que la diminution de population soit grave au point d'inscrire l'espèce sur la liste rouge de l'UICN (il faut une diminution de 30 % de la population en 10 ans ou en trois générations). C'est pourquoi l'espèce est classée en « préoccupation mineure » sur la liste de 2007 de l'UICN, et n'a pas de statut particulier fixé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui régule le marché international de spécimens animaux et végétaux.

L'Hirondelle rustique bénéficie tout de même d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés. Il est donc interdit de la détruire, la mutiler, la capturer ou l'enlever, de la perturber intentionnellement ou de la naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'elle soit vivante ou morte, il est aussi interdit de la transporter, colporter, de l'utiliser, de la détenir, de la vendre ou de l'acheter.

(source wikipédia)