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Crapaud commun, Bufo bufo

crapaud12.jpg Crapaud commun, (Bufo bufo)

 

Le Crapaud commun est un anoure de taille moyenne à grande, mesurant de 50 à 90 mm chez le mâle, de 80 à 110 mm, voire plus, chez la femelle, avec des tailles plus grande au Sud qu'au Nord. C'est le plus gros crapaud européen. C'est un animal court sur pattes et trapu.


La pupille est horizontale, avec l'iris uniformément rouge cuivré ou orange, légèrement vermiculé de noir Derrière chaque œil, les glandes parotides sont très proéminentes, divergentes, allongées, au moins deux fois plus longues que larges (à la différence de celles du Crapaud calamite beaucoup plus courtes).


Sur le dos, sa peau est pustuleuse, c'est-à-dire couverte de saillies formées par des glandes granuleuses, capables de sécréter un venin crémeux, contenant des amines, des peptides et des alcaloïdes. Le venin des glandes parotides et des pustules a pour fonction de protéger les crapauds contre les prédateurs et joue aussi un rôle antiseptique et antibiotique pour un animal qui ne possède pas un système immunitaire aussi performant que celui des mammifères. Ce poison n'est dangereux que pour les carnassiers qui veulent le mordre, sauf les serpents réfractaires au venin. Certaines glandes sécrètent un mucus lui permettant de ne pas se dessécher et de préserver ainsi l'humidité et l'élasticité de sa peau.crapaud20.jpg


Le crapaud commun est généralement marron, gris jaunâtre ou roussâtre. Sa robe est souvent unie mais elle peut porter quelques taches plus sombres, surtout dans le Sud. La face inférieure est blanc jaunâtre, unie ou tachetée.


Le mâle reproducteur a souvent la peau assez lisse, d'un teint vert olive Il porte des callosités nuptiales brun noir, sur les doigts I, II et III. Il est dépourvu de sac vocal.
Le crapaud commun vit à peu près partout en plaine et en forêt notamment dans les milieux humides. Il est présent du niveau de la mer jusqu'à 1 500 m d'altitude environ dans le Jura et les Alpes.
Un crapaud commun femelle photographié lors d’une nuit chaude du mois d’août 2022 dans le village d’Eglisolles en France


Il apprécie les milieux frais et boisés et évite les habitats chauds et secs, comme les cordons dunaires du littoral ou les Causses du Sud de la France qu'il laisse au Crapaud calamite.
Il vit sur terre et rejoint l'eau uniquement pendant la brève période de reproduction. Les sites de ponte sont en priorité des plans d'eau permanents de grandes dimensions, souvent riches en poissons, comme lacs, étangs, bras mort de rivières, mares, rivières, bassins de carrière et sablières, marécages, tourbières etc. Bon marcheur, on peut le rencontrer très loin des plans d'eau.
Le crapaud commun est actif surtout la nuit. Avec ses membres assez courts, il ne se déplace que lentement et plutôt lourdement. Il ne s’appuie que sur ses doigts (c'est un digitigrade, ne prenant pas appui sur sa paume). Inquiété, il peut s'éloigner à petits bonds.
Spécimen du Nord, France, vert clair à taches noires.


Le jour, il se cache dans un trou qu'il creuse au ras du sol ou dans un terrier de rongeur, dans une taupinière ou sous du bois mort ou des pierres. Plusieurs individus peuvent occuper le même terrier.


•    Alimentation
Le crapaud commun se nourrit principalement d'insectes divers et de petits animaux (limaces, vers de terre, chenilles, cloportes, mille-pattes, petits coléoptères, scolopendres, mouches etc.) qu'il attrape avec sa langue collante. Il mastique sa proie en l'écrasant avec le palais car il ne possède pas de dents. Quand il mange ses yeux se ferment et rentrent dans sa tête. Il chasse à l'affût et il lui faut une visualisation d'un mouvement pour lancer une attaque.
•    Hivernation
La période d'hivernage se déroule habituellement d'octobre-novembre à février-mars, dans un site terrestre situé généralement à moins de 500 m du site de ponte. À l'automne, en effet, il se rapproche de sa mare de reproduction mais attend le printemps pour effectuer le trajet final. Pour hiverner, il se réfugie dans une cavité à l'abri du gel (tunnel d'animal, cave, tas de bois). Durant cette période, il peut effectuer quelques sorties par temps doux.
À la fin de l'hiver, les crapauds se regroupent par dizaines voire par centaines autour de points d'eau pour s'accoupler et pondre leurs œufs qui deviendront têtards et se transformeront en petits crapauds en quelques semaines.
La période de reproduction débute de décembre à février dans le Sud et le Sud-ouest, de février à mars dans le reste de la zone et encore plus tard en altitude. L'adulte mue peu avant ce moment. Il se défait de son épiderme hivernal et acquiert une peau dorsale lisse.
La migration prénuptiale s'effectue principalement par nuits douces. Les crapauds se déplacent en grand nombre vers un point d'eau. Les mâles arrivent en général les premiers et y restent plusieurs semaines. Ils sont fidèles à leur frayère. Lors du trajet, certains mâles ayant rencontré des femelles, s'agrippent sur leur dos et ne les lâchent plus jusqu'au site de ponte. La femelle, déjà chargée par son gros abdomen plein d'ovocytes, n'a plus alors qu'à avancer avec son partenaire fermement rivé sur le dos et à se frayer un chemin cahin-caha parmi les feuilles et les cailloux.
Dans l'eau, la concurrence entre mâles est très forte et les bagarres sont nombreuses. Lorsqu'une femelle arrive dans l'eau, les mâles se jettent sur elle, en poussant de petits cris d'amour plaintifs, pour essayer d'être les premiers à l'agripper sous les aisselles, dans la position dite d'amplexus axillaire Les mâles sont beaucoup plus nombreux que les femelles. Souvent, on peut voir cinq ou six mâles s'accrocher les uns aux autres pour essayer de déloger celui qui tient la femelle. Celui qui est en meilleure position fait tout pour repousser les rivaux de ses pattes arrière. Mais lorsque la femelle manifeste les symptômes de la ponte, les intrus abandonnent finalement la lutte et laissent le couple réaliser tranquillement ses objectifs. Leur instinct de reproduction les mène à s'accrocher à d'autres espèces (grenouilles, poissons, pied agité au bord de l'eau) et à ne lâcher prise parfois que plusieurs jours après.
Le chant nuptial est très discret : « cout...couac...cout ». Le mâle produit des cris de contact, dans l'eau ou à terre.
Dès que la femelle commence à évacuer ses ovocytes, le mâle l'aide en stimulant l'orifice cloacal de ses orteils et en frappant de petits coups sur ses flancs. La ponte de deux longs cordons d’œufs (un par ovaire) que le mâle arrose au fur et à mesure de son sperme peut durer plusieurs heures. Ces longs cordons d’œufs sont fixés à la végétation aquatique. Une femelle pond habituellement entre 5 000 et 7 000 œufs. Chaque femelle pondrait tous les deux ans.
À la fin de la reproduction, les adultes entament une migration postnuptiale vers un lieu de séjour estival.
L'éclosion des œufs se fait au bout de deux à trois semaines, suivant la température de l'eau. Le têtard, un être aquatique, possède des branchies et une queue. Il se nourrit de déchets organiques et d'algues. Sa métamorphose en jeune crapaud (imago) terrestre, se fait ensuite en un mois et demi à trois mois, ce qui porte courant juin en général, et début juillet sur les reliefs. Les crapelets (jeunes crapauds) se regroupent alors tous ensemble en milieu de journée et partent de la pièce d’eau en une large et impressionnante « marée » vers les espaces boisés. Ils ne reviendront qu’à l’âge adulte pour se reproduire.
La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 3 à 7 ans dans le nord et probablement plus tôt dans le Sud.
Le crapaud vit une dizaine d'années.


•  L'œil cuivré, caractéristique de l'espèce Bufo bufo (crapaud commun), semble bien adapté à la vision nocturne grâce à une pupille horizontale très extensible.
•  La peau toujours humide, garnie de tubérosités venimeuses, n'est dangereuse que pour les carnassiers qui veulent mordre les crapauds (voir section ci-dessous : « Envenimation par crapaud »).
•  Pour l'homme, la peau et son venin ne sont pas très dangereux par contact, sauf appliqués sur une blessure ou par ingestion (voir encore : « Envenimation par crapaud »). Il vaut mieux néanmoins éviter de les toucher, ne serait-ce que pour les laisser vivre tranquillement leur vie. Toutefois, en cas de nécessité (par exemple pour les éloigner d'un lieu dangereux pour eux), il faut en tout cas éviter absolument de se frotter les yeux, de se toucher une muqueuse ou de porter ses doigts à sa bouche après avoir touché un crapaud. Il vaut mieux porter des gants et les jeter après usage (ou les laver abondamment sans les toucher).
•  En présence d'un ennemi naturel tel qu'une couleuvre, le crapaud commun se dresse sur ses pattes et se gonfle, probablement pour paraître plus gros et décourager le prédateur, et pour lui exposer ses glandes à venin (il possède notamment deux glandes parotides, à l'arrière de la tête, produisant du poison, contenant notamment des bufo toxines).
•  Il vit environ 10 ans dans la nature et jusqu'à 36 ans en captivité.
Comme la plupart des amphibiens, la destruction et l'assèchement des marais ainsi que les pesticides constituent une menace pour l'espèce. Beaucoup de Crapauds communs sont écrasés sur les routes en rejoignant leur zone de reproduction. L'installation de barrières temporaires ou de crapauducs est recommandée pour protéger cet amphibien.
C'est juste après la métamorphose et au sortir de l'eau que le Crapaud commun est le plus vulnérable à ses prédateurs, à la déshydratation, aux pesticides et l'écrasement sur les routes.
Adulte, il a peu de prédateurs en raison de sa toxicité : la couleuvre à collier, le héron cendré, le hérisson, la loutre et le putois. Ce dernier est capable de creuser jusqu'à un mètre sous la neige pour capturer un crapaud en train d'hiverner. D'instinct, il n'en consommera que la partie postérieure, sans la peau, afin d'éviter les glandes à venin. Une mouche verte parasite, Lucilia bufonivora (Calliphoridae), pond son œuf dans la narine du crapaud où sa larve se développe et dévore sa tête.
En France, le Crapaud commun est protégé par l'arrêté du 22 juillet 1993 (article 1), et par la convention de Berne (annexe III). Cette espèce est classée parmi les espèces "à surveiller", dans le livre rouge des vertébrés de France.

 

(Source wikipédia)